Un spectacle écrit et joué avec brio par Julie Ferrier, avec la complicité de Patrick de Valette. Mise en scène : Isabelle Nanty.
Ce spectacle sort des sentiers conventionnels du ''one man show''. Première partie surprise, le coup de coeur de Julie Ferrier, un duo charmant Gladys pour le chant et Jérôme à la guitare électrique, pour nous interpréter 4 morceaux de leur registre. Sympa à écouter, vraiment. Puis, une ado de banlieue en survêt trop grand et doudoune blanche se fait un plaisir de placer les derniers spectacteurs arrivés en retard. Projo sur les uns.... déjà la salle s'esclaffe....C'est Julie Ferrier ! Tout au long du spectacle, la julie nous transporte d'un personnage à l'autre avec finesse, de l'ado de banlieue, à la prof de chant déjantée "Ah ben Oui, non, non....", à la prof d'art plastique hallucinée et à la bimbo suicidaire, tout est juste, tendre, drôle, grinçant, sans aucune retenue mais sans dépasser les bornes, au point qu'à la fin on ne sait plus qui est la vraie Julie. Le public est enchânté, il se prête au jeu de Julie au rythme des personnages et rit de bonheur. La fin est également un très bon moment de détente au jeu du trombonne à coulisse !
C'est un spectacle que je conseille à tous ceux qui souhaite passer une très bonne soirée, loin des tracas quotidiens.
Théâtre Pépinière Opéra [7, rue Louis Legrand 75002 Paris]
De Pierre Notte. Mise en scène Jean-Claude Cotillard. Avec Zazie Delem, Juliette Coulon, Charlotte Laemmel, Romain Apelbaum.
Bienvenue dans la comédie de l’étrange. Cette pièce grinçante ponctuée de pauses musicales, est tout sauf ennuyeuse. Le rythme et la justesse sont efficaces du début jusqu’à la fin. L’intrigue se déroule dans un simili appartement glauque à Clichy où toute la famille passe son temps entre la cuisine, la cave « petit café théâtre et studio d’enregistrement imaginaire », qui n’est autre qu’une cabine de douches recyclée pour numéros de chants. Geneviève (Juliette Coulon) décide un beau matin d’être Catherine Deneuve. Marie (Charlotte Laemmel) chante dans sa cabine de douche ou se taillade les bras. La mère (Zazie Delerm) n’est pas mieux. Depuis le départ de son mari, tout semble vide, désespéré. Un fils (Romain Apelbaum), vivant à Bordeaux, qui passe la majeure partie du temps assis devant la fenêtre sans dire un mot. Cette drôle de famille nous entraîne dans l’univers décalé de l’auteur, qui nous montre sous un angle de vue acerbe et caustique, une situation familiale assez désespérée et déjantée.
En résumé, je ne sais quoi penser de cette comédie très particulière qui se situe aux confins de l'étrange !
Aujourd'hui, malgré une queue d'une heure, le froid, le monde, l'attente fut grandement récompensée par la richesse de cette exposition.
Particulièrement féconde sur le plan artistique, l’effervescence culturelle que connaît Vienne, capitale de l’empire austro-hongrois, autour de 1900, a été notamment marquée par les œuvres de quatre grands peintres, réunis ici, pour la première fois à Paris, dans une exposition d’envergure : Gustav Klimt, Egon Schiele, Koloman Moser et Oskar Kokoschka.
Avec 91 tableaux et 55 dessins réalisés entre 1890 et 1918 (année de la disparition de Klimt, Schiele et Moser), l’exposition dresse un panorama très complet de cette véritable révolution du langage pictural dont la Sécession viennoise, mouvement fondé par Klimt et ses amis peintres en 1897, fut le creuset. C’est en regroupant ces œuvres selon trois genres qui, à la fin du XIXe siècle, correspondent à des codifications traditionnelles de la peinture, que sont abordées les transformations artistiques en Autriche, ainsi que le passage du symbolisme vers l’expressionnisme, évolution sans réelle rupture, qui suscita l’émergence de nouvelles formes. Les trois sections de l’exposition reprennent ces trois thèmes, en confrontant dans chaque salle des œuvres des quatre peintres.
La section Histoires qui comprend des œuvres relevant de la peinture d’histoire, met en évidence chez Klimt en particulier, au delà du symbolisme, la volonté d’atteindre, dans de grandes compositions, à un art monumental.
La section Paysages montre de même qu’à partir de motifs assez conventionnels, la représentation d’une nature très stylisée et refusant la perspective classique, conduit à une forme souvent proche de l’abstraction.
La section Figures des figures isolées, des autoportraits et des portraits de groupe : on peut voir comment, peu à peu, le portrait officiel d’apparat évolue vers une représentation souvent très décorative des personnes et comment émerge et se développe le portrait expressionniste.
Je ne vous cache pas que ma préférence va incontestablement vers Egon Schiele et en suivant Gustav Klimt.
Gustav Klimt (1862-1918)
Egon Schiele (1890-1918)
Koloman Moser (1868-1918)
Oskar Kokoschka (1886-1980)
Je vous recommande vivement cette exposition. Pour tout savoir sur cette exposition :
[Galeries nationales du Grand Palais - du 5 octobre 2005 au 23 janvier 2006]
le site http://www.rmn.fr/vienne1900/.
le livre sur Vienne 1900
Le feu sous les cendres : de Picasso à Basquiat
C'est une exposition que je vous conseille vivement, et tout particulièrement pour y admirer les tableaux de Jean-Micherl Basquiat, pour qui j'éprouve une grande admiration.
Cette exposition réussie dans son ensemble, donne à voir avec une centaine d'oeuvres une certaine filiation d'artistes, de Picasso à Basquiat, révélateurs de cet embrasement du champ de la peinture au cours du 20ème siècle. En dehors des clivages traditionnels de l'abstraction et de la figuration, loin des modes et des étiquettes, le choix des oeuvres s'est porté sur la force qui émane de chacune d'elles, du silence au cri, à travers leur témoignage de l'humain au sens large.
Dubuffet, Chaissac, Bacon, Soutter, Barcelo mais aussi des sculptures de Giacometti, Germaine Richier ou d'artistes de Madagascar, du Vietnam ou du Bali.
A voir également par curiosité le reste de l'exposition du musée, mais sans conviction, on se lasse vite des statues et peintures de femmes charnelles, d'une autre époque, pleines de rondeurs prometteuses de maître Maillol.
Le feu sous les cendres : de Picasso à Basquiat - Musée Maillol jusqu'au 13 février 2006 [61 rue de Grenelle 75007 Paris].